Épisode 7. Mélanie

On ne s’est pas senti libre alors qu’on avait de la liberté par rapport aux villes. On avait de la liberté mais on n’avait pas envie de la prendre, on se sentait rétréci, fermé à quelque chose qu’on n’arrive pas à distinguer, à mettre un adjectif dessus, un mot pour expliquer. On perd de l‘esthétique. Tout devient lourd, pesant. Tout est retresi, confiné, fermé.

Nom
Mélanie
Occupation
Artiste retraitée
Commune
Moulis
Habite en Ariège depuis
2012

Cette conversation a été enregistrée en Arguilla le 11 décembre 2020 à 14h00.

Extraits de la conversation

Oui moi je trouve quand même que l’état nous… enfin il fait attention à nous on ne peut pas dire il gère la situation le mieux qu’ils peuvent, mais j’ai l’impression que nous sommes quand même des pantins.

C’est la solitude qui pèse le plus. c’est la solitude, le manque d’affectif. On se sent comme si on n’était plus des êtres humains.

On a manqué d’affection. La chose qui m’a été le plus enlevé de ne pas pouvoir m’approcher des gens de ne pas pouvoir leur toucher la main, de ne pas pouvoir les embrasser. Je crois que ça a été le premier grand choc je crois. Une rupture directe, une rupture cassante. Cette maladie a cassé l’être humain.

La chose qui m’a le plus manqué c’est l’affection de l’entourage des gens autour de toi de devoir faire incinérer Paul alors que ce n’était pas trop sa tasse de thé et d’être seule.

Je m’appelle Mélanie K. j’habite en Ariège je suis peintre sur porcelaine et ma passion c’est la peinture ça a toujours été la peinture, la mode, l’esthétique et là c’est vrai qu’on perd de l’esthétique [..] tout devient lourd pesant. On se sent sous une chape de plomb quelque part.

Oui le confinement a peut-être servi aux animaux voilà les seuls qui ont dû avoir quelque chose de positif c’est peut-être les volatils.

On ne s’est pas senti libre alors qu’on avait de la liberté par rapport aux villes. On avait de la liberté mais on n’avait pas envie de la prendre, on se sentait rétréci, fermé à quelque chose qu’on n’arrive pas à distinguer, à mettre un adjectif dessus, un mot pour expliquer.

Là on va nous faire mettre un vaccin, je ne sais même pas si moi je vais accepter de le faire par ce que on n’a pas de recul on est quand même comme des bêtes on est comme des moutons on ne va pas à l’abattoir mais on est là faites ça allez à gauche allez à droite arrêtez vous, mais qu’est ce que c’est ? on est des êtres humains, on pense, on réfléchi.

Si j’avais été à la tête de l’état je pense que j’aurais supprimer les vols, j’aurais remis les frontières d’ailleurs j’ai l’impression on a fait tout pour supprimer les frontières et qu’on va faire l’inverse dans quelques années